”I’m free !“

Enfin presque, ceci n’est qu’un premier pas vers la liberté numérique…

 

Un ancien spot de Geeks…

 

Tout ceux qui n’ont pas connu le Facebook de 2007 ne peuvent s’imaginer ce que ressent un ”facebookien“ de la première vague (française). À une époque reculée, ce n’était qu’un concept innovant, sobre, un peu triste sur les bords, tout en anglais avec des ”applications“ et des widgets à placer sur une page de profil. C’était un réseau social, un peu comme Myspace qui était le seul connu du grand public à l’époque, mais en plus sérieux. Pas de musique, orienté vers les personnes et leurs activités numériques. Autant dire qu’au début, en France, Facebook était un spot pour geeks.

Je me suis inscrit depuis le 21 Novembre 2007, au début par curiosité, juste poussé par un besoin de regarder ”par un trou de serrure“ ce que pouvaient bien faire tout ces geeks sur ce site dont tout les blogs technologiques parlaient. Et puis je me rappelle avoir eu comme premier ”ami“ ce cher Feufol :-) Ensuite je ne me souvient plus très bien qui j’ai ajouté ni dans quel ordre, mais je peux très bien me souvenir qu’il n’y avait dans ma liste d’amis que des personnes rencontrées sur le web, surtout dans les commentaires des petits blogs forts sympathique et aux crocs bien affûtés. C’était la belle époque (Mordieu, qu’est-ce qu’on a l’impression de vieillir vite sur le web !).

 

Un jour le site devint populaire, en français, et on put apercevoir un exode massif de Myspace vers Facebook. Excellent pour le site, moins pour le noyau d’irréductibles geeks. Ce fût le début de la fin. Facebook se mit à modifier de plus en plus fréquemment ses conditions d’utilisation, son aspect, le tout pour mieux tenir en laisse ses utilisateurs et tenter de gagner de l’argent. La bonne chose était à cette époque de retrouver tout les gens que j’ai pu croiser pendant mes études, Copains d’Avant en a souffert au passage. Facebook devînt un prolongement de la vie réelle, débordant dans la vie 1.0, ou inversement la vie 1.0 qui finie par s’inviter sur Facebook. Fini les joyeux lurons qui s’ajoutent sans se connaître irl. Désormais il n’est pas rare suite à une demande d’ajout de se retrouver avec un message à peu près comme cela: “je n’accepte comme contacts que les gens avec qui j’ai parlé ou j’ai vus en vrai“. C’en était fini du spot pour geeks, des gens qui aimaient se découvrir par écrans interposés. Et puis vint Farmville, et d’autres imbécillités, provoquant un flux massif de notifications et invitations idiotes. Une véritable pollution. Ajoutons à cela la disparition des widgets, des profils standardisés sans possibilités de personnalisation. Il ne manque que le rouge en couleur de fond pour se croire en régime communiste à la sauce 2.0…

 

…devenu l’Alcatraz du web 2.0.

 

Une cour murée avec une caméra de surveillance toujours collée à l’arrière-train. Voici à quoi ressemble Facebook à l’heure actuelle. Les autres réseaux sociaux suivrons peut-être, nous verrons arriver cela suffisamment tôt. Le pouvoir de ce genre de site est de donner le sentiment de faire partie de quelque chose de grand, dans le vent, d’être au centre d’une sorte de grand-place dans laquelle le monde entier s’est réuni et vit uni. Un lieu devenu incontournable du fait de la présence de tout ce qui peut entourer au quotidien l’homo sapiens des zones civilisées en 2012. Amis, marques, dentistes, etc. Tout y est pour procurer une expérience virtuelle dans la continuité de la vie réelle. Facebook ne cherche pas à se substituer à la vie réelle, il tente de la complémenter. Une passerelle vers une réalité assistée numériquement derrière un décor de pseudo-sécurité et confidentialité. Gérer ses contacts y est simple comme un clic, tout semble paré pour y éviter les conflits entre personnes. Ces aspects de contrôle et sécurité ne sont là que pour rassurer les réfractaires aux réseaux sociaux. Réseaux sociaux, ou plutôt « zone numérique d’effeuillage social“ tant ces sites jouent sur les prédispositions de la plupart des gens à s’exhiber. N’oublions jamais que Facebook n’est plus qu’un vaste interrogatoire derrière un joli emballage. Une fois un pied dedans tout ce que vous direz sera retenu et utilisé contre vous. Dans un site aussi évolué que Facebook on ne s’appartient plus, c’est le site qui nous possède.

 

L’interrogatoire fini, nous voici sur écoute permanente et filmé en continu. La télé-réalité vous effraie ? À côté de Facebook ce n’est rien ! Toute action est enregistrée, à l’insu du plein gré des utilisateurs qui ont acceptés les conditions d’utilisation sans les lires, et même au delà du site. Chaque sortie de cette prison 2.0 ressemble à une libération conditionnelle, épiée par un mouchard qui donne votre localisation sur le web. Exemple flagrant de sa capacité à connaître les gens, il ne montre que les actualités susceptibles de nous intéresser, selon des critères personnalisés issus de la collecte d’informations. Le site décide à notre place ce que nous devons voir, un comble ! Que dire de l’identification automatique ? Un joli système de reconnaissance faciale, pour ficher nos visages en plus des autres informations. Et demain, pourquoi pas le site ne déciderait pas ce que nous devons faire en temps réel ? Présent sur nos smartphones on pourrait imaginer toutes sortes d’actions intrusives de sa part.

Facebook (ainsi que tout les réseaux sociaux), n’aide pas à se construire un réseau, mais une cellule. Une cellule dans une grande prison virtuelle. Quand à imaginer traquer les ”cyber-criminels“ grâce aux données que Facebook a collecté, il n’y a qu’un pas à franchir. Le FBI semble d’ailleurs avoir compris le potentiel de réseaux…

 

Depuis un an j’hésite à ”me supprimer“, pesant le pour et le contre. Pas facile de quitter ce qui semble devenu au fil du temps un témoin de mon passé numérique, une presque biographie absurde. Appuyer sur le bouton ”delete“ ressemble un peu à se tirer une balle pour se suicider. J’ai quitté Facebook, je me suis libéré d’une de mes chaînes.

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